Il peut être légitime de se poser la question:
``Pourquoi s'intéresser aux vérificateurs/correcteurs d'orthographe alors qu'une correction complète demande une analyse grammaticale (contextuelle)?''
En effet, un vérificateur d'orthographe n'a pas les mêmes objectifs qu'un vérificateur de grammaire; cela semble évident. Cependant, une étude comme celle-ci démontrera indirectement qu'un bon correcteur d'orthographe, bien utilisé (nous verrons que cela comprend une personnalisation efficace et une certaine connaissance des textes à vérifier) peut faire exactement ce qu'on lui demande, avec des limites toutefois, en d'autres mots: apporter une aide précieuse dans la vérification de l'orthographe, et éventuellement, la correction.
Une des limites qu'il faut comprendre et accepter dès le départ, c'est bien la vérification hors contexte imposée par les vérificateurs actuels. Il s'agit à la fois d'une force et d'une faiblesse. On ne demande pas à une voiture de Formule 1 d'avoir la consommation d'essence d'une Renault Clio, tout comme on ne demande pas à cette dernière d'atteindre des vitesses de course.
Donc, premier avantage: cette absence d'analyse du contexte permet à un vérificateur d'orthographe d'être bien plus rapide que son homologue grammatical. Dans bien des cas, cela incitera inconsciemment l'utilisateur à avoir recours au processus de vérification plus fréquemment.
Inversement, nous emploierons le terme seuil de tolérance dans une situation donnée où un utilisateur qui désire effectuer la vérification d'un texte abandonnera cette tâche par suite d'un processus de correction trop fastidieux (lenteur, complexité, etc.).
Deuxième avantage de la restriction orthographique: l'aspect personnalisation est plus direct - c'est-à-dire que les paramètres de la vérification d'orthographe sont plus réduits. Il faut entendre par là que les options disponibles ont un champ d'action plus restreint. Par exemple, l'option Vérifier mots avec chiffres ne nécessite aucune explication. Cette option peut être activée ou désactivée, selon les souhaits de l'utilisateur.
Il peut sembler étrange que cela soit un avantage, mais le fait est que dans le domaine des logiciels trop d'options entraıne souvent une diminution de l'utilisation effective d'un produit. Un utilisateur qui désire faire une vérification rapide - et dont la préoccupation principale n'est pas toujours la langue - ne veut pas s'encombrer d'options qu'il n'a pas le temps d'examiner en détail. Beaucoup de paramètres dépendent des dictionnaires (généraux, personnels, thématiques) qui seront utilisés. Par exemple, la fonction niveau de langue (cf. correcteurs de grammaire) peut être simulée par un dictionnaire personnel d'exclusions comprenant les mots que l'on ne désire pas dans un contexte particulier.
Toutefois, il est hors de question de demander à un correcteur d'orthographe de trouver des fautes d'accord ou des erreurs sémantiques du genre: ``Jean mange du pair'' [pain].
En ce qui concerne l'importance de l'orthographe par rapport à la grammaire, il est bon de rappeler qu'il s'agit de deux domaines bien distincts. Cela dit, il convient de ne pas sous-estimer l'importance des fautes d'orthographe. Une étude sur le français écrit au secondaire par le professeur Bureau indique qu'en moyenne 38,9 des fautes commises sont des fautes d'orthographe (Bureau). Et cette proportion ne diminue pas avec le niveau de scolarité.