En ce qui concerne la taille du dictionnaire de base d'un système de correction orthographique, elle ne nous permet aucunement de nous prononcer sur l'efficacité de celui-ci. A priori, on pourrait penser que plus le dictionnaire de base comprend de mots plus le système sera performant, car il reconnaıtra beaucoup de mots. Si tel était le cas, on serait sur le point d'obtenir des systèmes quasi-parfaits, car dans l'état actuel de la technologie, concentrer un grand nombre de mots dans un dictionnaire ne représente plus un problème majeur. Mais malheureusement, il n'en est rien.
Voilà pourquoi nous devons souligner dans cette étude que plus le correcteur acceptera de mots (tous domaines confondus), moins il remplira sa fonction qui est de rejeter ce qui est inacceptable - terme relatif par définition: ce qui est acceptable pour un utilisateur ne l'est pas nécessairement pour un autre. Exemples:
Ainsi, si un dictionnaire de trop grande taille n'est pas souhaitable, un dictionnaire trop réduit n'est pas non plus une solution. Tout réside dans la qualité du dictionnaire principal et, nous allons le constater, dans la possibilité de personnaliser son système, principalement à l'aide des dictionnaires personnels. C'est ainsi que si l'on sait qu'un correcteur ne reconnaıt pas, par exemple, les noms des principales capitales asiatiques, il sera possible de les intégrer - manuellement, il faut en convenir - dans un dictionnaire thématique (personnel).
Nous ne pouvons que répéter que la facilité d'utilisation n'est pas un élément secondaire en ce qui concerne l'évaluation. C'est d'ailleurs une utilisation trop lourde - il faut entendre mal adaptée aux besoins de l'utilisateur - qui refoule la majorité des utilisateurs qui se trouvent face à l'option de vérifier l'orthographe de leur texte. Par exemple, lorsqu'un utilisateur sait qu'en exécutant la vérification de son texte il n'obtiendra que très rarement une suggestion utile, ou que la bonne suggestion pour le remplacement a peu de chance de se trouver dans la partie visible de la fenêtre de suggestions, il préférera souvent relire tout simplement son texte.
Ainsi, les mesures purement statistiques (``...tel correcteur reconnaıt 80 des mots de mon vocabulaire) ne suffisent pas dans l'évaluation des systèmes de correction d'orthographe. Il est nécessaire d'examiner en profondeur tout les aspects qui influenceront l'utilisateur dans l'emploi de ces logiciels tel que le degré de ressemblance, la facilité d'utilisation, etc.